L’iPad, un netbook plus fragile…

Alors qu’Apple présente une nouvelle version du système d’exploitation de son iPhone, Virginie Lazès décrypte les atouts et les faiblesses du nouveau-né de la firme à la pomme: l’iPad.

Virginie Lazès est directrice associée de Bryan Garnier.

Apple présente une nouvelle version du système d’exploitation de son iPhone. Que peut-on en attendre ?

– Difficile de savoir. Quand Apple a envie de créer le buzz lors du lancement d’un nouveau produit, il laisse généralement filtrer un certains nombre d’informations. En l’espèce, ça n’est pas le cas.
Pour autant, la grande faiblesse de l’iPhone tient au fait qu’on ne puisse pas ouvrir plusieurs applications en même temps. Est-ce que le nouvel iPhone va régler le problème? A suivre.

Apple a écoulé plus de 300.000 iPad le jour de son lancement aux Etats-Unis samedi. Les marchés ont bien réagi. Les médias américains semblent sous le charme. Partagez-vous cet enthousiasme ?

– Je suis quelque peu dubitative sur l’iPad dans sa version actuelle. Il s’agit en gros d’un netbook plus fragile, moins ergonomique (il ne se replie pas), qui n’a pas de capacité de stockage, et qui, aujourd’hui, n’est pas compatible avec internet mais seulement avec le wifi. On parle néanmoins d’une connexion GPRS, GSM bientôt…

Pas de révolution donc…

– La vraie révolution vient avant tout de l’usage que l’on va pouvoir faire de l’iPad. La tablette d’Apple permettra une véritable interactivité sur les contenus, c’est-à-dire qu’on pourra par exemple cliquer dans un article sur le nom d’une personne pour accéder à sa biographie, à une vidéo la concernant, etc.
Pour se faire, il faudra attendre que les médias développent ces contenus. Et sur ce point, Apple tente de séduire les médias, en leur suggérant qu’avec ce modèle, ils pourront vendre leur contenu. Ce qui explique notamment l’engouement de certains médias américains pour le nouveau-né de la firme à la pomme.

Concrètement, à quoi sert l’iPad ?

– C’est un support qui permet de consulter des données multimédia de manière portable. On peut aller sur internet, consulter ses mails, lire des livres avec un bon confort de vision.
L’iPad ressemble grossièrement à l’iPhone, avec un écran plus large, mais avec la fonction téléphone en moins.

La sortie de cette tablette marque-t-elle le début de la fin des ordinateurs portables ?

– Pas vraiment. Si nous venons de voir que l’iPad remplit le besoin de consultation et de récupération d’informations d’un ordinateur, il est en revanche peu adapté à la deuxième caractéristique d’un ordinateur: la communication. L’écran tactile de l’iPad est en effet moins pratique qu’un clavier ordinaire, notamment pour l’envoi de mails.
Aussi, on peut imaginer que les consommateurs vont préférer l’iPad pour tout ce qui est consommation d’informations et le netbook pour les besoins basiques d’un ordinateur.
Dans tous les cas, la sortie de l’iPad est une étape supplémentaire vers le déclin des ordinateurs fixes. Ce mouvement est déjà bien entamé car, pour la première fois, en 2009, les consommateurs ont acheté plus d’ordinateurs portables et de netbooks que d’ordinateurs fixes.

Quelle est la stratégie d’Apple en lançant l’iPad ?

– Apple avait besoin de trouver un nouveau relai de croissance après l’iPhone.
Comme le montrent les résultats de la firme pour 2009, les ventes d’iPod reculent, celles des ordinateurs stagnent, et seules celles de l’iPhone marchent bien. Apple fait par ailleurs de plus en plus de chiffre d’affaires avec iTunes. Seulement, on peut estimer que l’iPhone, tel qu’il est actuellement, va encore connaître du succès pendant 12 à 18 mois. Ensuite, on peut imaginer qu’il sera détrôné, comme l’avaient été avant lui le Palm et le BlackBerry.

Propos recueillis par Chloé Dussapt, journaliste à Challenges.fr

Source Challenge.fr

steven1205

Apple trouvera autre chose pour nous etonner 🙂 on espere seuleument que ce « nouveau » produit sera plus abouti que l’iPad, car c’est une machine qui a du potentiel, tout comme l’iPhone.
Attendons les prochaines versions de l’iPad 😉